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Le tourisme interne au magrheb

Pour retrouver la confiance des touristes, il faut s’armer de patience, comprendre les freins et les réticences et surtout imaginer demain. L’Algérie, par exemple, est en train de redevenir petit à petit une destination phare du tourisme dans le Maghreb. Le plus intéressant, c’est que ce développement se fait à l’intérieur même du Maghreb. On peut noter que c’est donc une vision qui transforme intégralement le rapport des agences de voyages, mais de tout le secteur du tourisme algérien qui se tournait vers l’Europe.
Le Maghreb semble aller vers un tourisme intérieur qui pourrait peu à peu prendre le pas sur le tourisme international. C’est urne excellente nouvelle pour les agences de voyages, pour le secteur du tourisme et l’économie de l’Afrique du Nord.

 

Pourquoi le tourisme européen n’est plus la solution?

Au vingtième siècle, on sait que la mondialisation a apporté des richesses et un véritable brassage des cultures pour le meilleur et pour le pire. Pourtant, au 19e siècle, on se rend compte que les pays les moins puissants ont développé une très forte dépendance économique. Sans rentrer dans les détails, on peut dire que le tourisme du Maghreb est trop dépendant de ses voisins occidentaux. En voulant servir et attirer Français, Allemands, Suisses ou Anglais, le marché du tourisme a exclu de fait le tourisme interne au Maghreb. Le niveau de prix, les exigences du tourisme européen en service  et les infrastructures ne sont pas adaptées à la culture et au niveau de vie dans le Maghreb. On peut même penser aux circuits, aux musées, aux activités nocturnes… certaines ne sont autorisées qu’aux touristes – par exemple, les jeux de casinos dont la légalité est très problématique au Magrheb.

Parfois à Rabat ou à Alger, on se retrouve dans des quartiers européens où on se demande même pourquoi les gens viennent de si loin pour retrouver la même chose que chez eux. Imaginez donc que vous partiez d’Alger ou de Rabat pour vous retrouver dans un pseudo souk qui sera plus ou moins le même que celui de votre quartier?

Ce tourisme de masse devient un vrai motif de clivage, car il est tout simplement en train de se confronter aux changements du monde. Si les Champs-Élysées font rêver le monde, c’est sans doute parce qu’ils n’y sont jamais allés. C’est devenu un centre commercial de luxe, et encore, à ciel ouvert. Paris mérite tellement mieux. Partout, dans le monde, on a ses grandes avenues du luxe, mais qui en réalité n’ont plus aucun intérêt. En étant dépendant, on retrouve ce concept d’avenue commercial dans les grandes villes d’Afrique du Nord avec des enseignes occidentales qui vendent des produits inaccessibles au Maghrébin moyen. Tout cela ne serait pas si grave, si cela ne créait pas une dépendance.

La problématique, c’est que pour des raisons plus ou moins culturelles, dès qu’un fait divers ou un attentat grave vient bouleverser nos vies, le touriste européen annule son voyage. Ce réflexe conditionné est compréhensible, ll y a 20 ans.. Pourtant, alors que le monde entier est touché par les attentats, on a l’impression que les touristes ont d’avantage peur quand c’est au Maghreb.  Paris,finalement, n’a pas trop subi de contre-coup après le 13 novembre, car la capitale française garde son aura. L’attentat du musée du Prado, qui a fait beaucoup moins de victimes, a plongé le secteur du tourisme tunisien dans une crise sans nom.

Le développement au Maghreb : l’exemple de l’axe Algérie – Tunisie

L’année dernière, la progression nette du flux touristique entre ces deux pays est de 20,6% par rapport à l’année 2018. On peut compter donc grosso modo sur six millions de touristes!

Ce changement profond est arrivé après l’innommable drame des attentats du Musée du Prado à Tunis. Le tourisme européen s’est complètement asséché. La seule solution a été de développer des liens avec les pays voisins, c’est-à-dire l’Algérie. Tout a été revu et corrigé pour que les prix et les services s’adaptent à une clientèle familiale qui avait soif de découverte et pas tellement de bracelet « all inclusive ». Le touriste en Tunisie a dû retrouver son authenticité et laisser les artifices et les clichés dans l’arrière-boutique. Et le plus surprenant, c’est que cela crée une sorte de mécanique des fluides avec des touristes algériens qui se sont rendus en masse en Tunisie.

L’avenir nous dira si ce mouvement de fond va remplacer la manne européenne. Le tourisme de masse semble perdre pied et le concept du  « voyager autrement » laisse penser que le tourisme de proximité va redevenir une norme plus écologique et plus éthique. L’avion est montré du doigt ; les hauts lieux du tourisme de masse commencent à mettre des limites.. Tout cela laisse penser que le développement d’un tourisme entre pays du Maghreb peut être l’avenir du secteur.